Forteresse

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La forteresse vue depuis la porte basse.

La forteresse de Skopje, appelée Kale en macédonien, veille depuis des siècles sur la ville. Elle conserve des traces de toutes les périodes de l’histoire de la ville, de la Préhistoire à l’époque ottomane en passant par le Moyen-Age. Elle offre aussi de magnifiques panoramas sur toute la ville et sur les montagnes environnantes.

Un peu d’histoire

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La forteresse au Moyen-Age.

La forteresse se trouve sur une colline dominant la ville et la vallée du Vardar, un site qui a longtemps eu une grande valeur stratégique. Les premières occupations humaines remontent à la fin du Néolithique.

La colline est néanmoins délaissée pendant l’Antiquité, au profit de Scupi, une ville antique qui se trouvait à 5 kilomètres plus à l’ouest. Il faut ensuite attendre le VIe siècle pour que le site de la forteresse soit réoccupé. Scupi est alors dévastée par un tremblement de terre, et ses habitants se réinstallent sur la colline de la forteresse.

Tout au long du Moyen-Age, la forteresse est habitée. L’enceinte comprend alors de nombreuses maisons ainsi que des églises. Une basse-cour, aujourd’hui disparue, s’étend également sur les berges du Vardar.

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La forteresse avant le séisme de 1963.

Ce sont les Ottomans qui ont vidé la forteresse de ses habitants. Dès qu’ils ont conquis la ville, à la fin du XIVe siècle, ils ont réduit la forteresse à un rôle militaire. L’enceinte ne comprend plus alors que des baraques et un arsenal. Le site conserve sa vocation militaire jusqu’en 1951, lorsqu’il est donné au musée archéologique de la ville.

La forteresse est gravement touchée par le tremblement de terre de 1963. Tous les bâtiments qui se trouvaient dans l’enceinte sont détruits, et de grands pans de muraille sont réduits en tas de pierres. La forteresse reste longtemps en ruines, mais d’importantes fouilles archéologiques sont conduites à la fin des années 1960.

Dans les années 2000, de nouvelles fouilles d’envergure sont menées, puis l’enceinte est progressivement restaurée et retrouve son apparence médiévale.

Visiter

 Etant donné que les travaux de restauration ne sont pas terminés, la forteresse est parfois fermée aux visiteurs. Pendant certaines périodes de l’année, il faut donc se contenter d’admirer l’édifice de l’extérieur. Néanmoins, la campagne de restauration touche à sa fin, et on pourra bientôt entrer dans la forteresse toute l’année.

Plan forteresse Skopje

Plan de la forteresse (cliquer pour agrandir).

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Le chemin de ronde.

Lorsqu’on entre dans la forteresse depuis le Vieux bazar, on franchit la porte nord, qui date du XVIIIe siècle. Il s’agit d’un des rares éléments ottomans de la forteresse encore visibles.

Au nord du site, on peut voir une portion de mur en appareil cyclopéen, caractérisé par un simple empilement de très grosses pierres.

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La tour cyclopéenne.

Celles-ci proviennent de la ville antique de Scupi. Certaines présentent d’ailleurs des décors architecturaux romains, et il n’est pas difficile d’imaginer qu’elles faisaient à l’origine partie de monuments antiques. Ce mur cyclopéen date du VIe siècle, soit l’époque à laquelle Scupi a été abandonnée. Il comprend une curieuse tour, dont les blocs de pierre sont disposés à la verticale, détail tout à fait inhabituel.

Le reste de la double muraille a été construit à partir du Xe siècle et reconstruit à plusieurs reprises entre le XIIe et le XIVe siècle, au gré des guerres et des destructions.

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Les tours nord-est.

Au sud, la forteresse s’ouvre par une porte donnant sur un corridor conduisant au Vardar. Cette porte était extrêmement bien défendue, puisqu’elle se trouve entre les deux murailles successives et qu’elle aboutit à une deuxième porte en contrebas. Au Moyen-Age, c’était probablement l’entrée principale, bien qu’elle n’était accessible qu’à pied.

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La forteresse vue du centre-ville.

La forteresse comprend trois petits musées destinés à présenter les résultats des importantes fouilles archéologiques qui y ont été menées (ces musées sont encore en cours d’installation fin 2014). Ils sont chacun dévolus à une période : Préhistoire, Moyen-Age, époque ottomane. Celui dédié au Moyen-Age se trouve sur les ruines d’une église du XIVe siècle récemment découverte.

Autour de la forteresse

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Le cimetière militaire français.

En marchant dans le parc qui s’étend au nord de la forteresse, après environ 500 mètres, on atteint l’excellent Musée d’art contemporain, également accessible depuis la rue Samoilova.

En continuant sur cette même rue pendant encore 500 mètres, on arrive à un cimetière militaire français de la Première Guerre mondiale. Il comprend 930 tombes et deux ossuaires regroupant les restes de 2.000 soldats français. Ceux-ci étaient engagés dans l’armée d’Orient et ont participé à la libération de la Serbie et de la Grèce. Un cimetière britannique de 124 tombes se trouve par ailleurs près du campus universitaire, de l’autre côté du Vieux bazar.

Découvrir aussi :

Le centre-ville

Le Vieux bazar

Pour en savoir plus sur l’histoire de Skopje :

Skopje en 10 dates

Skopje à travers des photos anciennes

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